• premiers pas sur le sol Africain

    En attendant le 11 novembre ,date du départ , je vous convie à partager avec moi quelques faits marquants de ma vie passée . Aujourd'hui , suivons les premiers pas en Afrique d'un drôle de jeune homme qui se demande à quelle sauce il va être mangé !

    Fin juillet 1961 , aeroport d'Orly: tout est découverte et source d'émerveillement . Au milieu de tous ces panneaux d'affichage qui clignotent ,de ces annonces distillées par une voix mélodieuse qui parlent d'embarquement immédiat , je suis dans un état second ... Personne ne m'ayant accompagné , je me sens bien seul et queque peu inquiet . je me fais confirmer plusieurs fois que le vol pour Abidjan est bien celui que je crois !
    Ca y est , c'est pour moi maintenant l'embarquement immédiat !!!!!

    Aéroport de Port Boué au petit matin :curieusement , je n'ai guére de souvenirs de cette arrivée sinon une grande moiteur et des odeurs inconnues .
    On m'emméne à l'agence ou je suis présenté . Puis je suis invité à petit déjeuner dans la grande maison de type colonial du directeur et de madame . je suis accueuilli par une énorme tête ( empaillée ) de phacochére accrochée au dessus de la porte , et par le grand sourire d'un jeune Africain qui me salue respectueusement en m'appelant " patron " . Je suis affreusement gêné... Il s'agit du boy cuisinier me dit on , à ne pas confondre avec le boy serviteur ou le boy laveur !! On se croirait dans Tintin au Congo ... Il faudra que je m'y fasse!!!
    Le directeur (appelez moi Georges me dit il ) ,est petit , cheveux en brosse qui descendent trés bas sur le front , sourcils fournis , machoire carrée . Il a l'air sérieux et guoguenard à la fois . Il me fait penser à un officier militaire sorti du rang mais qui aurait gardé ses génes d'adjudant chef et dont le regard vous dit " on ne me la fait pas à moi ! ". Pour ne rien vous cacher . cet homme m'impressionne et me fait un peu peur .
    J'ai oublié le visage de madame , mais je me souviens qu'elle avait le verbe haut et qu'elle parlait beaucoup , comme d'ailleurs la plupart des femmes européennes que je rencontrerai plus tard...
    Pendant le déjeuner , la conversation tourne autour de la vie au quotidien des blancs en Afrique , de la difficulté à gérer le personnel domestique pour madame , des problémes rencontrés par monsieur dans ses contacts obligés avec les autochtones... " Les africains sont paresseux , me dit il ,  ce sont des grands enfants qui ne pensent qu'à s'amuser . Il faut toujours être derriére eux . En plus , ils ont voulu leur indépendance ..... En métropole , des gens pensent que nous sommes racistes . C est faux ! nous sommes réalistes , c'est tout . Sans nous , ils ne seraient rien et ce n'est pas l'indépendance qui changera quelque chose !!! " Je suis sidéré par ce discours et ne sait que répondre ; d'ailleurs ,Georges n'attend pas de réponse et m'invite à passer au bureau pour parler de choses sérieuses ...
    Nous y voici donc , plus d'échappatoire . 

    G me dit " On a du vous parler de l'urgence de la situation . Vous partez dés demain pour Korhogo (700 kms de piste au nord d'Abidjan ). Le land rover est chargé du matériel nécessaire . Vous êtes attendu sur place . Des questions ? "
    Euh , répond je en rougissant , c'est à dire que je ne sais pas conduire .... et je ne connais rien du travail qui m'est confié !!!
    Le regard de G me scrute intensément , son visage exprime un profond étonnement , les sourcils se froncent, en particulier le droit qui finit par former comme un point d'interrogation : "c'est pas vrai ,pourquoi cà m'arrive à moi ? " semble t il exprimer . Puis l'étonnement fait place à la colére et carrément au courroux ! Petit à petit , son visage devient rouge , puis bleu ,puis cramoisi !! On dirait Bruno Lochet de la famille Deschiens dans son exercice préféré !!! Il se léve brusquement de sa chaise et fait des allers retours intempestifs entre son bureau et la porte . J'ai comme l'impression qu 'il va trés bientôt m'inviter à la prendre . Je n'en méne pas large.....
    Alors , sans un regard , sans une parole , il quitte la piéce en claquant trés fort la porte derriére lui .
    Pourvu qu ' il se calme et qu'on puisse enfin causer entre gentlemen
    J'ai un doute !!!!!!!!!                               

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  • Commentaires

    1
    GuillaumeT
    Lundi 7 Septembre 2009 à 09:12
    La suite! La suite!
    Ca alors, en lisant cette histoire, j'ai des réminiscences de mon enfance. J'ai l'impression que tu nous avait raconté des choses de cet ordre. Très bien raconté en tout cas.
    Alors donc M.Georges a laissé seul le petit expat et...
    2
    Samedi 12 Septembre 2009 à 12:26
    En passant par le blog La précarité du sage, qui vous a fait une bonne pub, j'arrive sur le vôtre... vous allez avoir d'autres lecteurs que vos proches, parce que vos récits sont bien intéressants et ouvrent sur l'Afrique. Je reviendrai un de ces jours !!!
    3
    un proche
    Jeudi 1er Octobre 2009 à 18:30
    tu nous parles de ton travail en AFRIQUE. Mais ta moyenne enfance à étè assez mémorable ? c'est peut-etre plus difficile pour toi d'en parler ?
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